Charpente de yourte Tour de France vivre autrement ferme

1# Ferme de T.A.N.G.A : maîtriser son habitat

Ferme maraîchère en agriculture biologique
Longny-les-Villages
Crée en 2016
Un couple et leur 2 enfants
Activité : maraîchage biologique
Terrain de 7000m²
Valeurs : produit biologiques, auto-construction, maîtrise de son habitat
Période de présence : 1 semaine en mai 2021
Distance à vélo depuis le lieu de départ : 17 km
Type d’accueil : 1 couple en wwoofing, autres wwoofeur.ses possibles si autonomes pour l’hébergement

Une journée à la ferme

Camion aménagé véhicule ferme maraîchage Normandie
Le camion aménagé

7°C. C’est la température qui règne dans le camion aménagé où je loge en ce glacial mois de mai où le temps change plusieurs fois par jour. Un camion ?… Oui, c’est le camion de Lola et Fabien qui les a conduits jusqu’en Roumanie et qu’ils ont habité plusieurs mois en attendant mieux. Certes, il a pris un coup de vieux. La porte arrière, même fermée, garde une ouverture de 5 cm sur l’extérieur et aucun système de chauffage n’est présent. Qu’importe, l’édredon de 20 cm qui recouvre mon lit en mezzanine fait largement l’affaire pour passer des nuits bien au chaud. Après m’être rapidement habillé, je rejoins la chaleur de la yourte, une double héli-yourte de 7m de diamètre où vivent Lola, Fabien et leurs deux enfants de 5 et 3 ans ; double car elles sont deux, reliées par une petite arche. Je peux y admirer la magnifique charpente hélicoïdale et ses quatorze poutres de bois. L’endroit donne une sensation d’espace et de confort renforcée par le calme qu’offre l’insonorisation des « murs » en tissu.

Fabien, maître des lieux et maraîcher, est déjà à pied d’œuvre. Je déjeune donc seul. Vers 9h, je le rejoints, soit dans la serre, soit sur la parcelle cultivée de 5000m². Je passe devant l’enclos provisoire des moutons. Ils appartiennent à Claude (tout comme les ânes que l’on entend dans le podcast). Claude est à la fois le voisin de Lola et de Fabien, le grand-père de Lola et le propriétaire du terrain. Les activités s’enchaînent alors. De la plantation sur butte au désherbage manuel en passant par le tuteurage des pieds de tomates le long de grand fils rattachés à la structure de la serre, les occupations ne manquent pas. Le travail avance mais sans pression. Après tout, c’est ça le wwoofing. Le jeudi, c’est vente à la ferme, principalement de plants de tomates. Je m’affaire en coulisse à trier la vingtaine de variétés différentes pour les sortir dès qu’un client le demande.

Les wwoofeur.ses

Je me sens bien sur cette légère butte située aux confins Sud de l’Orne où la serre et les yourtes sont quasiment les seules constructions présentes. Malgré la fraicheur, le travail est détendu et décontracté. Je ne suis pas le seul wwoofeur à travailler. Il y a aussi un couple : Cloé et Noé et leur fille d’à peine un an. Ils sont très sympathiques et converser avec eux est très agréable. Eux aussi ont pour rêve de s’installer comme maraîchers mais ils n’en sont qu’aux prémices de leur projet, dans une phase d’apprentissage. Comme la petite est encore très jeune, ils se relayent : il reste avec elle le matin et elle prend la suite l’après-midi. Ils dorment dans leur camping-car que j’ai eu la chance de visiter. Il y a tout ce qu’il faut … en plus petit : douche, WC, chauffage, cuisine, lit de bébé dans la capucine…

Un peu de bricolage

Le maraîchage n’est pas la seule activité que j’ai pratiqué sur ce lieu. Dans tous les lieux où je me rends, je propose mon aide en tant que wwoofeur et je considère que je suis pleinement au service des personnes chez qui je suis. Cependant, je propose aussi, après mon arrivée sur le lieu, mes services de bricoleur. J’entends le mot bricolage dans le sens noble du terme, c’est-à-dire réparer, entretenir, améliorer, créer. En résumé, l’idée est de laisser libre cours à mon cerveau d’ingénieur pour imaginer et mettre en œuvre une solution simple pour satisfaire un besoin concret. C’est donc ce que j’ai proposé à Fabien. J’ai ainsi fabriqué une poignée pour tenir la plaque en hexagone, cet outil qui permet, en le posant et en le déplaçant sur la future terre cultivée, de positionner sur trois rangs et en quinconce les plants à planter en respectant la distance qui les sépare. J’ai aussi assemblé un porche en bois destiné à séparer le parking du jardin. Son installation un peu rapide et non fixée était une erreur car l’objet a chu sur une des voitures qui était garée derrière !…

Point technique

Je ne suis pas trop dépaysé en cette toute première étape de mon voyage. La ferme de T.A.N.G.A se situe à une heure de vélo (eh oui, je parle en heures et en jours de vélo pour exprimer les distances, il faudra vous y habituer) au Sud de mon point de départ. Je compte d’ailleurs repasser chez moi après cette semaine car les autres étapes sont situées au Nord. Cela me permettra de faire quelques petits ajustements sur mon matériel, laisser le superflu (comme un blaireau pour le rasage !) et prendre ce qui m’a manqué (comme quelques pinces à linges pour faire tenir la bâche sur ma remorque).

Les 3 licornes

chevaux blanc licornes percherons
ferme maraîchage Normandie

Une des premières activités qui nous a été confiée après mon arrivée a été un évènement aussi inattendu que magique. Il s’agissait, à la demande de Claude, de déplacer d’un champ à un autre trois magnifiques chevaux, des percherons bien sûr, d’un blanc immaculé et à mes yeux parfaitement identiques. C’était féérique de voir ces trois nobles et majestueux animaux galoper sur fond de prairie printanière d’un vert ardent. Ils ne se sont pas laissés faire. Nous avons eu recours à un long ruban de signalisation que nous tenions étendu à travers tout le terrain. Cette frêle barrière qu’ils n’osaient pas franchir nous a permis, à la deuxième tentative, de les rabattre dans un coin du champ là où Claude a pu leur passer un licol afin de les mener vers le vieux camion affecté au transport. Devant la beauté de ce spectacle, j’ai presque réussi à faire croire aux enfants qu’il s’agissait de licornes ! « Mais, je ne vois pas leur corne ! » m’ont-ils fait remarquer en voyant la vidéo. « On leur coupe pour ne pas qu’ils se blessent » leur ai-je répondu…

Ce que j’ai appris

La principale raison qui a poussé Lola et Fabien à habiter dans une yourte est la maîtrise de leur habitat. Cette notion (détaillée dans le podcast) se retrouve dans de nombreux lieux que j’ai visité. Un sous-marinier ne peut pas se permettre d’embarquer sans connaître sur le bout des doigts la machine qui va lui permettre de naviguer, de vivre et même de respirer pendant de longs mois. Cela permet d’être à même de réagir immédiatement lorsqu’un disfonctionnement survient et d’en limiter les conséquences fâcheuses. De plus, cela confère autonomie et indépendance. J’ai moi-même assisté à une intervention de Fabien qui a dû monter sur le toit d’une des yourtes pour remettre en place un élément du ‘tonneau’, cette partie transparente située au sommet et bien utile pour laisser entrer la lumière. Maîtriser son habitat est donc un principe à retenir si l’on souhaite progresser vers l’autonomie.

Activités réalisées

  • Cueillette d’épinards et d’oignons nouveaux
  • Désherbage
  • Plantation de coriandre
  • Plantation de céleri rave et de salades sur butte
  • Plantation de pommes de terre sur bâche
  • Mise en place de fils-tuteurs pour des pieds de tomates
  • Rangement des plants de tomates par variétés
  • Assistance à la vente directe de plants
  • Montage d’un porche en bois
  • Fabrication d’une poignée pour l’hexagone de plantation
  • Remplacement d’un robinet d’évier
  • Déplacement de trois chevaux vers un autre champ

L’interview

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